Épargne salariale : adoptez la bonne stratégie

Épargne salariale : adoptez la bonne stratégie
Si vous demandez à recevoir votre prime de participation ou d’intéressement, elle sera soumise à l’impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que votre salaire. - © hakinmhan

Fin mai, les salariés pourront percevoir leurs primes de participation et d’intéressement ou les verser sur leur plan d’épargne salariale. Deux options aux conséquences directes, selon leur choix.

Vous avez besoin de liquidités

Pesez bien le pour et le contre ! Si vous demandez à recevoir votre prime de participation ou d’intéressement, elle sera soumise à l’impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que votre salaire. Le supplément d’impôt que vous devrez payer dépend de votre taux marginal d’imposition, c’est-à-dire du taux le plus élevé auquel sont taxés vos revenus. Si vous atteignez la tranche à 30 %, comptez 300 euros d’impôt à payer en plus pour une prime de 
1 000 euros. Vous n’aurez donc empoché que 700 euros. Si vous n’êtes pas assujetti 
à l’impôt, ce versement peut vous rendre imposable et vous faire franchir les seuils de revenus qui conditionnent l’attribution de certaines allocations sociales. Mais surtout, il vous prive de l’éventuelle aide financière complémentaire de votre employeur, appelée abondement, qui est elle-même exonérée d’impôt sur le revenu.

Notre conseil. « Si vous avez besoin d’espèces, mieux vaut verser vos primes sur votre plan d’épargne entreprise (PEE) – ce qui vous donne la possibilité d’empocher
 le possible abondement – et emprunter la somme requise. Il existe des prêts adossés au PEE qui permettent d’emprunter entre 70 et 100 % du montant de l’épargne bloquée sur le plan, selon la nature des avoirs. Les taux sont compétitifs (un peu moins de 4 %) et le coût du prêt est financé par l’économie d’impôt que vous allez faire et/ou par l’abondement. En optant pour un crédit remboursable par anticipation, vous pourrez le rembourser 
au bout des cinq ans en débloquant votre épargne du PEE », recommande Olivier de Fontenay, directeur général d’Eres et expert en épargne salariale.

À noter. En l’absence de directives de votre part, l’intéressement sera versé sur votre PEE ; la participation sera placée pour moitié sur le plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) si votre entreprise en a mis un en place, et donc indisponible jusqu’à la retraite. L’autre moitié sera affectée selon les modalités prévues par l’accord signé dans votre entreprise.

Vous avez la possibilité d’épargner

Si vous versez votre participation et/ou votre prime d’intéressement sur votre PEE ou sur votre Perco, elles échapperont à l’impôt sur le revenu : en totalité pour la participation et à hauteur de 19 866 euros en 2018 pour l’intéressement. Si vos primes s’élèvent à 1 000 euros après déduction de la CSG et de la CRDS, 1 000 euros seront donc placés sur votre PEE ou votre Perco. En contrepartie, ces sommes sont bloquées pendant cinq ans minimum sur le PEE ou jusqu’à votre retraite sur le Perco. Impossible de les récupérer avant, sauf dans certains cas énumérés par la loi, plus nombreux sur le PEE que sur le Perco.

Mais, lorsque vous demanderez à récupérer votre épargne – à l’issue de la période de cinq ans ou dans un des cas de déblocage anticipé prévus par la loi ou à la retraite pour le Perco – vos gains seront exonérés d’impôt sur le revenu. Vous n’aurez que les prélèvements sociaux à payer (17,2 % en 2018).


Notre conseil. Les salariés ont longtemps privilégié les fonds monétaires pour leur sécurité. Or, ces derniers affichent aujourd’hui des performances très faibles, voire négatives. Mieux vaut choisir des fonds dont la durée de placement recommandée est en cohérence avec votre horizon d’investissement. Cette durée figure sur
 les notices des fonds. Pour le Perco, 
votre épargne sera automatiquement gérée de manière à réduire progressivement 
les risques à mesure que vous approchez
 de l’âge de la retraite, si vous n’intervenez pas vous-même. On parle dans ce cas de 
« gestion pilotée ».

Et en cas de rupture du contrat de travail

Si vous avez quitté votre entreprise fin 2017 ou début 2018, avant le versement de votre intéressement et de votre participation de 2017, vous conservez le droit de les placer sur votre PEE à la fin mai, à condition de ne pas l’avoir fermé au moment de la rupture de votre contrat de travail, quel que soit le motif de votre départ. Cette opération vous permet de les défiscaliser et de profiter de l’éventuel abondement de votre employeur. Puis vous pourrez les récupérer en effectuant un déblocage anticipé. Attention, cette stratégie est impossible avec le Perco, pour lequel la rupture du contrat de travail n’est pas un cas de déblocage anticipé.

Attention à l’année blanche

En raison de l’entrée en vigueur du prélèvement à la source le 1er janvier 2019, l’impôt dû sur les revenus de 2018 sera annulé pour que vous n’ayez pas à payer en 2019 à la fois l’impôt sur les revenus de 2018 et le prélèvement à la source sur les revenus de 2019. Mais attention, seul l’impôt relatif aux revenus courants sera annulé. Si vous demandez à percevoir votre participation ou votre intéressement en 2018, ces revenus exceptionnels seront imposables : vous devrez payer l’impôt correspondant en 2019.