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Inspirez, toussez…

Rédigé par : Joël Chaboureau le 20 mai 2008

On se croyait bien à l’abri de la pollution, calfeutré dans son appartement douillet. Mauvaise pioche ! Une étude de l’Observatoire de l’air intérieur (www.air-interieur.org) démontre que la concentration de certains polluants est largement plus forte à l’intérieur qu’à l’extérieur de chez soi.

On se croyait bien à l’abri dans sa petite auto, toutes fenêtres fermées quand on suit un camion ou un autobus qui crachent une épaisse fumée noire. Manque de pot : généralement, la ventilation de la voiture est placée à l’avant… en prise directe avec le pot d’échappement du véhicule qui précède. Ainsi, des mesures effectuées dans un véhicule transformé en laboratoire scientifique montrent que l’air respiré par les passagers installés à l’arrière d’une voiture est bien plus toxique que celui qu’ils inhaleraient en tant que piétons. D’autant plus qu’une fois dans l’habitacle, les polluants ont du mal à s’éliminer.

En apnée totale

Qu’à cela ne tienne, prenons le métro ou le RER. Horreur ! Les quais sont envahis de particules fines et métalliques produites par le freinage des roues. Ne parlons pas des citadins qui ont choisi le vélo. Jean-Paul Morin, toxicologue à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), estime que pédaler six minutes derrière un bus, c’est dépasser neuf fois le seuil maximum annuel de dioxyde d’azote. Et comme on ne peut pas retenir sa respiration longtemps (j’ai essayé…), il vaut mieux s’abstenir…

Alors, que faire ? En tout cas, surveiller les pics de pollution et, quand l’alerte a sonné sur la qualité de l’air, éviter les gros efforts qui font augmenter sa capacité et son rythme respiratoires. Et se méfier, en ville, de ces belles journées d’été tellement lumineuses en période anticyclonique : l’air est alors beaucoup plus dense et l’absence de vent retient les particules les plus lourdes au niveau du sol. Ce n’est pas le moment de promener son chien. Et autant ne pas se précipiter non plus au volant de son véhicule et en rajouter à son tour au désastre ambiant.

Vous reprendriez bien un bon bol d’air de nos montagnes ?

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