La maladie du sommeil
Rédigé par : Joël Chaboureau le 26 mai 2008Son sommeil a duré plusieurs années et c’est le prince charmant qui l’a réveillée. Le cas particulier de cette héroïne des contes de Grimm n’apparaît pas - on s’en doute bien - dans la première étude* intégralement consacrée au sommeil et réalisée par les Pouvoirs publics. Malgré son nom à rallonge “Enquête sur les représentations, les attitudes, les connaissances et les pratiques du sommeil des jeunes adultes en France”, elle suscite l’intérêt car elle brosse le portrait d’une France des 25-45 ans en proie aux problèmes de sommeil. Une question à prendre très au sérieux, car un bon sommeil n’est pas uniquement synonyme de bien-être : il a un impact très important sur le quotidien. Rappelons par exemple que les troubles de la somnolence - qui touchent une personne sur dix - peuvent avoir des conséquences graves : 3 % de l’échantillon a déjà eu un accident lié à la somnolence au volant…
L’étude distingue trois sous populations de dormeurs : les insomniaques (12 % des personnes interrogées), les personnes en dette de sommeil (17 %) et les personnes qui déclarent avoir un sommeil suffisant (71 %). On y apprend que la tranche des 25-45 ans dort 7 heures en moyenne, les personnes en dette de sommeil 5 heures 48 et les sommeils “suffisants” 7 heures 21. Le clan des insomniaques, eux, reste en moyenne 6 heures 41 dans les bras de Morphée, ces derniers ont donc moins un problème de durée de sommeil que de qualité du repos. Il n’est pas surprenant que les personnes en dette de sommeil déclarent avoir davantage de mal que la moyenne à se réveiller le matin (seuls 28 % se réveillent en moins de dix minutes contre 46 % en moyenne).
Vive la sieste
Près des 3/4 des personnes interrogées ont des horaires de sommeil relativement réguliers en semaine et près de 80 % se couchent avant minuit et déclarent s’endormir en 19 minutes. Fait marquant : près d’un tiers des 25-45 ans admet faire une sieste en semaine. la moitié y consacre moins d’une demi-heure et les autres plus d’une demi-heure. Chacun s’accorde pour dire que ce repos quotidien leur permet de retrouver du tonus.
Un message que nos dirigeants d’entreprise pourraient entendre et traduire dans des faits. Par exemple en permettant à leurs salariés de recharger leurs batteries dans leur bureau, sans s’attirer les foudres de leur responsable hiérarchique. Ou même en aménageant un local adapté avec lumière tamisée et musique douce. Comme quoi on peut toujours rêver…
Réveillez-vous : cette chronique soporifique est terminée !
* Etude réalisée par l’institut BVA auprès d’un échantillon de 1004 personnes représentatif de la population française âgée de 25 à 45 ans.

