Le blues des belles-mères
Rédigé par : Joël Chaboureau le 11 juin 2008La multiplication de familles recomposées produit un dommage collatéral là où on s’y attendait pas forcément : le statut et le moral des belles -mères. Le premier est difficile à institutionnaliser, le second est au plus bas. Et ce n’est pas anodin : plus de 500 000 femmes élèveraient aujourd’hui des enfants qui ne sont pas les leurs.
Il faut dire que la littérature ne les a pas vraiment aidées. Chacun se souvient en effet par exemple de la belle-mère de Blanche-Neige, dépeinte comme une véritable marâtre.
Entre être la nouvelle compagne du père, la mère de substitution, voire une copine si la différence d’âge est plus faible, pas facile de trouver une place aux côtés de la mère biologique parfois bienveillante, le plus souvent ennemie jurée. D’autant plus que les pères ont également bien du mal à intervenir dans la relation, préférant quand les choses s’enveniment laisser le mauvais rôle à leur compagne.
Qui un jour pourra mettre en musique la complainte des belles-mères ?


12 juin 2008 à 10:26
Cher Joel, la belle mère de Blanche neige était une véritable marâtre. Le Robert indique “Marâtre: femme du père par rapport aux enfants qu’il a en d’un premier mariage”. Sans jugement de valeur aucun sur l’amour que celle-ci peut porter à ceux là.
Je suis doté de deux belles filles que j’aime et qui disent m’aimer et qui s’amusent souvent à me présenter comme leur parâtre, après, enfants m’avoir baptisé leur faux père. Je ne vois aucun reproche de leur part dans le choix de ce vocabulaire.
Enfin les belles-mères ou les marâtres sont certes en augmentation par rapport à une période récente, mais on oublie qu’elles étaient légion dans les siècles passés du fait de la mortalité et du nombre de remariage des veufs. Les contes nous rappellent cette réalité.
12 juin 2008 à 11:29
Bonjour Tintin,
Effectivement j’ai beaucoup hésité à employer ce terme. Je me suis référé au Robert de poche qui est en permanence sur mon bureau (édition 2002) qui propose 2 entrées 1 belle-mère, et 2 mauvaise mère.
Il est également vrai que dans de nombreux cas, la situation n’est pas aussi catastrophique que j’ai bien voulu la présenter. Et que quantité de facteurs (dont l’âge des beaux-enfants, la sérénité de la rupture par exemple) peuvent influer sur les relations complexes qui se mettent en place entre tous les membres d’une famille recomposée.
Merci pour votre commentaire.
12 juin 2008 à 12:19
Bonjour,
Merci d’avoir évoqué la détresse de ces “belles-mêres”. Le terme de marâtre (et sa consonances péjorative) me parait bien choisi… car c’est bien ainsi que nous perçoivent les enfants (surtout les filles!).
Je me souviens parfaitement des yeux étincelants de plaisir de ma “belle-fille” (10 ans), le jour où je suis rentrée à la maison le bras cassé ! Mais tout ça est logique. Les enfants rêvant que leurs parents se “remettent” un jour ensemble, ils ont du mal à accepter ces obstacles dressés sur le chemin de leurs espoirs…