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Au nom de la loi

Rédigé par : Yves George le 16 février 2010

Théoriquement les loi sont dénommées par un numéro une date et un objet. C’est un peu administratif et difficile à retenir. Alors on a donné des noms plus intelligibles aux textes. À un époque, les lois étaient facilement nommées par leur sujet ou le but qu’elles recherchaient. On connait également des lois baptisés du nom de leur auteur ou plus exactement de leur initiateur: loi Carrez, loi Scellier…. Aujourd’hui on les affuble volontiers d’acronymes plus ou moins affreux. La loi Hadopi n’est pas la moins joliment nommée. Avec ses consonances de tribu amérindienne. Pensez à la loi SRU ou Tepa qui peinent à masquer leurs initiales.
Y a-t-il un système meilleur que les autres ? Personnellement, j’aime bien que les lois aient des petits noms. Attribuer un surnom à quelqu’un, même moqueur, c’est une preuve d’affection, d’intérêt tout au moins. Pour aimer nos lois nous avons besoin de les appeler autrement que par un numéro de matricule. Et tant pis si cela ne nous renseigne pas sur leur caractère. Protecteur ou coercitif.

la retraite des mères de famille

Rédigé par : Yves George le 28 août 2009

Le débat actuel sur le calcul de la retraite des mères de famille me rappelle une réforme des année 80.
Sous l’impulsion des féministes pures et dures, on avait aligné l’âge de départ à la retraite des femmes sur celui des hommes. Auparavant elles bénéficiaient de 5 années de mieux. En théorie, rien ne justifiait cette différence de traitement. En toute logique donc on a supprimé cet avantage, histoire de démontrer que la recherche d’égalité entre les sexes en se faisait pas unilatéralement.
On avait tout simplement oublié d’observer la structure démographique des familles françaises de l’époque. En moyenne, les couples avaient une différence d’âge de cinq ans. Les hommes épousant généralement des femmes plus jeunes qu’eux. Si bien qu’avant la réforme, les couples arrivaient en même temps à l’âge de la retraite et qu’après, il y a eu toute une génération d’hommes au foyer attendant que leur femme atteigne leur soixantième anniversaire.
La retraite nous rappelle que l’équité ne passe pas nécessairement par l’égalité.

Balayer devant sa porte

Rédigé par : Yves George le 10 août 2009

La ville de Paris a commencé l’été avec une campagne contre l’abandon de cochonneries sur les trottoirs de la ville en montrant l’incongruité de détritus volumineux dans des sites naturels remarquables. Avec ce slogan : “Scandaleux? À Paris aussi”. Une bonne initiative. Tout ce qui peut inciter les habitants à cesser de mettre sur le trottoir tout ce qui les embarrasse me semble a priori bien venu.
Je viens de finir des travaux d’envergure à la maison. Ce week-end était consacré à la remise en place des meubles et des affaires dans les penderies, placards et étagères. Il n’y a pas de meilleure occasion pour se séparer de tout ce qu’on a accumulé sans trop réfléchir en se disant : “ça pourra toujours servir”. Je me suis donc retrouvé devant un monceau de planches, de boites, de cartons, de pots de peinture aux trois quarts vides, de rideaux défraichis avec leur tringles cabossées…
En bon citoyen, soucieux de la propreté de son bout de trottoir, je décide donc d’aller à la déchèterie la plus proche. Son adresse et ses heures d’ouverture figurent sur le site paris.fr. J’ai la chance d’avoir pour voiture familiale un utilitaire: un kangoo. Je rabats la banquette et charge gravas et autres immondices jusqu’au toit, avant de mettre le cap sur la Porte des Lilas, pour un premier voyage.
Arrivé là-bas, l’employé me demande mon nom, mon adresse et un document prouvant celle-ci. Il faut montrer patte blanche (même un peu sale). Pourquoi pas? je peux le comprendre: l’endroit étant géré sur les finances municipales, il n’est pas totalement illégitime d’en réserver l’usage aux contribuables locaux. Mais attention! tous les documents ne sont pas acceptés pour cette démonstration de résidence: carte d’identité, papiers de la voiture, et passeport tous trois à la même adresse ne conviennent pas. Il faut venir avec une quittance d’électricité!
Heureusement l’employé n’est pas obtus et en ce samedi d’été, il décide d’être cool et m’autorise à décharger mes immondices valorisables (les autres ne sont pas autorisés dans les déchèteries). En un petit quart d’heure, j’ai mis les cartons dans la benne à cartons, le bois dans la benne à bois, le reste dans une benne divers.
Je repars pour un deuxième voyage. Mauvaise surprise quand je me présente, une demie-heure plus tard, avec un nouveau chargement d’ordures. L’employé, physionomiste, me reconnait et m’apprend que je n’ai droit qu’à un voyage par jour! Pourquoi, il n’en sait rien. Mais la règle est la règle et malgré mes efforts pour l’apitoyer, il reste intraitable. Enfin presque, puisqu’il me suggère de contourner la fameuse règle en allant décharger dans une autre déchèterie. Il va jusqu’à m’indiquer l’adresse et le meilleur itinéraire pour aller à La Chapelle.
Je prends donc le périphérique avec mon tombereau de saleté, pour aller quatre sorties plus loin.
Rebelotte: “Avez-vous un justificatif de domicile?” Rebelotte, je montre ma carte d’identité, ma carte grise, mon justificatif d’assurance. Rebelotte ces documents ne satisfont pas la curiosité du gardien des lieux. Comme je pensais retrouver mon précédent interlocuteur, je ne me suis pas muni du sésame que constitue le relevé EDF. Rebelotte, mon air innocent aux mains de plus en plus sales, me permets de franchir très exceptionnellement le portail. Après avoir toutefois démontré que je n’étais pas un professionnel du bâtiment (les déchèteries leurs sont interdites. Ne me demandez pas pour quelles raisons). Avec ma Kangoo rouge et cabossé je pouvais passer pour un plombier ou un carreleur. Ma carte de presse, barrée de tricolore, a pour une fois servi à quelque chose.
À nouveau, je jette dans les bennes appropriées mes saletés valorisables.
L’après-midi est bien entamé lorsque je peux rentrer chez moi avec la satisfaction d’avoir été un bon citoyen, respectueux de l’ordre public et de la propreté de la voirie. Il faut avoir un sens certain du civisme pour savourer ce plaisir trop rare. Sans compter qu’il faut aussi un véhicule susceptible d’accueillir ce genre de bagages et être doté d’un pouvoir de persuasion opiniâtre.
Je ne regarderai plus les vieux sommiers crevés et les réfrigérateurs essoufflés déposés le long des murs de la ville avec le regard réprobateur et courroucé dont je les gratifais jusqu’à présent.

Bons sentiments écolo

Rédigé par : Yves George le 7 août 2009

Actuellement sur les murs du métro parisien, une affiche essaye d’attirer l’attention par la provocation et la culpabilisation. Sur fond d’écorce de tronc d’arbre très agrandie, ce slogan (de mémoire) “j’ai été abattu pour réaliser cette affiche, vous pouvez au moins prendre le temps de la lire”.
ça m’agace beaucoup! D’abord parce que personne n’a obligé “onepercentfortheplanet” (l’association qui cherche à m’apitoyer sur le sort de ce pauvre arbre) à communiquer. Si elle craignait que son message ne soit pas lu, elle pouvait s’abstenir de faire de l’affichage. Sinon elle assume son choix.
Et deuxièmement, si cette association est écologiquement sérieuse, elle doit savoir que la production de papier n’est en rien responsable de la déforestation. La pâte à papier provient de forêts gérées. Tous les arbres abattus sont remplacés. L’exploitation, malgré le terme, de ces forêts qu’elles soient landaises ou nordiques, ne peut être destructrice, sans conduire à leur propre ruine ceux qui en vivent.
D’ailleurs, soucieuse de son image l’association a inscrit en petits caractères au bas de l’affiche: “réalisé sur du papier provenant de forêt gérées dans le respect de la nature”. Un label inutile de plus puisque tout le papier occidental peut s’en prévaloir.
Certes on peut penser que la fabrication du papier est dévoreuse d’énergie. On peut aussi regretter que souvent on ait recours à des agents de blancheur pas très naturels… mais arrêtons de pleurnicher sur les pauvres pins transformés en cellulose.
Cette campagne repose sur la désinformation et la manipulation de l’opinion.
De tels procédés relèvent soit de l’incompétence, ce ne serait pas trop grave c’est une des valeurs les mieux partagées, soit du mépris du public qui ne serait capable que de s’émouvoir, pas de réfléchir.
À force, on peut craindre que l’usage immodéré du recours aux bons sentiments nuise gravement à l’écologie.

Service public et particulier

Rédigé par : Yves George le 3 août 2009

Au hasard d’une colonne du parisien ce week-end, une information.
L’acteur majeur de l’habitat social dans la capitale, Paris Habitat a vendu ses locaux au journal de petites annonces immobilières “de Particulier à Particulier”. Certes il ne s’agit pas de la énième privatisation d’un service public, mais seulement d’une succession dans les mêmes locaux. Pourtant voir le champion de l’individualisme immobilier devenir propriétaire de l’immeuble qui abritait les services d’une entreprise d’intérêt hautement public me semble être une coïncidence suffisamment étrange pour ne pas être dénuée de signification.
Autres points notables, l’immeuble en question est un bel hôtel particulier (!) du XVIIIe siècle situé au cœur du vieux Paris, rue cardinal Lemoine dans le Ve, et l’office public, remplacé par un support de presse, va s’installer, dans le même Ve, dans des locaux laissés libres par le journal Le Monde parti un peu plus vers l’extérieur.
Une presse s’enrichit, l’autre pas et les services publics croissent s’ils n’embellissent pas.

mutisme

Rédigé par : Yves George le 26 juin 2009

À l’époque de Molière les filles muettes étaient sujet d’inquiétude.
Aujourd’hui, ce sont les cartes et les puces qui nous chagrinent quand elles le sont.
Les raisons de tous ces silences sont toujours aussi obscures.

Sifflets pour tout le monde

Rédigé par : Yves George le 15 avril 2009

Il ne vous a pas échappé qu’une commission diligentée par les pouvoirs publics s’est récemment penchée sur le délicat problème des sifflets qui accompagnent, traditionnellement maintenant, la Marseillaise lorsqu’elle est jouée au Stade de France en l’honneur de notre équipe nationale de foot.
Ni que la susdite commission avait préconisé de punir de plusieurs mois d’emprisonnement les siffleurs irrespectueux. C’est certain cela aidera les “jeunes” à aimer leur beau pays et à vénérer ses symboles.
Je m’étais demandé comment des personnes sensées (elles doivent l’être puisqu’on leur a confié une mission d’intérêt public) en étaient arrivées là. Même présidée par un ancien footballeur (mais pourquoi pas, puisqu’on demande bien à Lilian Thuram de nous expliquer au journal télévisé, les tensions guadeloupéennes), on pouvait penser que la commission de réflexion réfléchirait… avant de proposer une solution.
Par hasard le week-end dernier, ma jeune nièce ayant choisi le programme donné par le téléviseur familial, j’ai vu des bribes d’un chef d’œuvre de la culture française: “Astérix aux jeux olympiques”. L’explication de cette offense faite à l’intelligence est dans ce film. Le tribun à la tribune, sans doute César, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux, suggère à son affidé bras droit qu’on écartèle les siffleurs des gradins populaires.
L’Ange vert (ses vieux admirateurs de l’époque où il faisait ce qu’il savait très bien faire: taper dans un ballon, avaient donné ce surnom à Dominique Rocheteau (ndlr pour les jeunes générations)) et ses acolytes ont du penser que ce qui était bon dans une société avancée comme la Rome antique pouvait l’être encore aujourd’hui. Avec un petit coup de plumeau : l’écartèlement (dont je ne suis pas certain qu’il fut très prisé à Rome) cédant la place à quelques mois de rétention.
À mon tour de faire une proposition. Pour que les matchs de notre glorieuse équipe bleue soient un peu plus dignes ce qu’on semble souhaiter au sommet de l’État, on pourrait punir de bannissement à l’Ile du diable tous ceux qui siffleraient Cissé ou Ribery quand ils tirent au dessus, ou Mandanda quand il oublie d’arrêter le ballon, ou encore ce pauvre Domenech à chaque fois qu’il se lève de son banc de touche.
Resterait toujours à ceux qui veulent développer leur capacité pulmonaire au cours des matchs de foot, la possibilité de conspuer l’arbitre. Il le mérite bien: sans lui, on gagnerait plus souvent.

Au bon syndic

Rédigé par : Yves George le 12 janvier 2009

Que le copropriétaire qui n’a jamais râlé contre son syndic lève le doigt.

J’ai la chance d’habiter dans un tout petit immeuble. Il n’y a que 5 appartements. Tous habités par leur propriétaire. Depuis l’origine nous avons décidé de gérer nous même la copropriété. Nous nous relayons, assurant chacun le rôle et la responsabilité de syndic pendant un an avant de transmettre le témoin au voisin du dessus ou du dessous. Depuis que j’habite là tous les propriétaires ont changé. L’organisation a demeuré. Pour notre plus grande satisfaction.
Nous avons eu des situations plus ou moins complexes à gérer: licenciement d’une femme de ménage, procès avec un voisin pour un dégât (incendie) causé chez lui par un vice de construction (de prolongation des conduits de cheminée) chez nous, ravalement…
Nous nous en sommes toujours tirés sans retard ni mécontentement des copropriétaires.
Mieux nous avons généralement été félicités par les notaires qui nous ont interrogés lors des transactions concernant des lots de l’immeuble. Nous étions selon leurs dires plus précis, plus réactif et plus coopératifs que nos homologues professionnels!

J’ai été jusqu’à inciter la rédaction de Dossier Familial à parler de cette solution originale. Applicable à beaucoup de copropriétés modestes.

Et voila qu’un député zélé veut nous interdire de nous administrer comme bon nous semble.

M. Rudy Salles (élu “nouveau centre des Alpes maritimes) a déposé une proposition de loi sur le sujet. Cet élu prétend :
“Le syndic non professionnel échappe, en règle générale, aux diverses obligations légales du professionnel et particulièrement à celles résultant des dispositions de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 réglementant les conditions d’exercice des activités relatives à certaines opérations portant sur les immeubles et les fonds de commerce, dite loi « Hoguet ».

De toute évidence, il n’offre pas aux copropriétaires les mêmes garanties que le syndic professionnel.

C’est pourquoi, je propose de modifier la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis afin de protéger chaque copropriétaire d’une gestion défectueuse de son bien.”
J’ignore combien de copropriétaires M. Salles a consulté. Peut-être a-t-il plutôt vu des syndics professionnels. Toujours est-il qu’il entend faire voter par ses pairs le texte suivant:

Article unique

« L’administration des copropriétés comportant au plus cinquante lots ou dont la moyenne des budgets des trois derniers exercices annuels clos ne dépasse pas 300 000 € peut être confiée à un syndic qui n’est pas soumis aux dispositions de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 réglementant les conditions d’exercice des activités relatives à certaines opérations portant sur les immeubles et les fonds de commerce et des textes pris pour son application. Dans ce cas, la constitution d’un conseil syndical est obligatoire.
« Le syndic mentionné à l’alinéa précédent doit être membre ou conjoint d’un membre de la copropriété qu’il administre et y avoir sa résidence principale. Il doit justifier d’une expérience et de la possession d’au moins un diplôme de gestion ou de droit immobilier. Le décret prévu à l’article 47 définit la nature de l’expérience et des diplômes concernés.”

Je ne sais pas quelles sont les évidences qui font douter le député Salles du sérieux des syndics bénévoles. N’est-il pas largement aussi bien placé qu’un professionnel pour veiller au respect des intérêts qu’il partage avec ses voisins ? Précisons qu’il est assuré en responsabilité civile pour les actes qu’il entreprend au nom de la copropriété, au cas où il commettrait une erreur involontaire.

Ce texte nous interdirait de continuer de vivre en bonne intelligence entre 5 voisins, respectueux des lois et des droits des autres.
Ce texte nous obligerait à verser des honoraires à un professionnel que notre dossier n’intéressera que très modérément vu l’ampleur de la tâche et les profits qu’il pourra en retirer. (nous avons un budget annuel inférieur à 15 000 €)

Pourquoi fait-il désormais tout encadrer?
Pour quel bénéfice? Si ce n’est celui d’une profession qui a bien besoin de la loi pour redorer son blason ?

Télévison d’hier télé d’aujourd’hui

Rédigé par : Yves George le 3 décembre 2008

“La merveille de cette semaine, la double merveille, ce fut le Premier ministre et le ministre des Finances (intervenant sur le petit écran). La télévision nous casse assez souvent les pieds pour que nous nous réjouissions quand elle sert enfin. Je la préfère (c’est une opinion toute personnelle et qui scandalisera, je le crains, la quasi-totalité de mes lecteurs), je la préfère comme institution que comme divertissement ou comme moyen de culture. La démocratie directe a trouvé en elle son instrument. La télévision l’aura rendue possible par-dessus la tête des parlementaires. En province, elle aura asséché les mares stagnantes et vidé le café du Commerce.”
Un avis à porter au débat autour de la télévision publique.
Il date de 1963. Son auteur François Mauriac dont les chroniques sur la télévision viennent d’être rassemblées et publiées aux éditions Bartillat.
Un vrai bonheur de lecture tant les brefs commentaires du romancier sont dans une belle langue, simple et précise. Et ses jugements étonnants de jeunesse. Plus la nostalgie des émissions de mon enfance.

dopage 2

Rédigé par : Yves George le 28 novembre 2008

L’autre jour je plaisantais (peut-être dans un blog devrai-je plutôt dire je blaguais) sur les contrôles antidopage des boulistes. Ce matin je ne résiste pas au plaisir de relever que l’agence mondiale de lutte contre le dopage s’intéresse au viagra. Non pas pour soumettre au contrôle les hardeurs que l’on considèrerait comme des sportifs, mais au prétexte que le viagra pourrait donner un plus lors de l’exercice physique en altitude.

Bientôt, les seuls alpinistes qui auront encore le droit d’y recourir seront, comme le chantaient Brassens, ceux qui s’attaquent aux monts de Vénus.

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