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footballeur écrivain

Rédigé par : Yves George le 14 octobre 2008

Jérôme Rothen est (peut-être) un excellent joueur du PSG. Qu’il ait eu envie d’écrire ses mémoires alors qu’il lui reste de belles années devant lui, le regarde. Qu’il ait profité de l’occasion pour régler quelques comptes avec des concurrents plus cotés et mieux aimés que lui est assez humain…

Pourquoi donc un mot sur Rothen et son livre. Sûrement pas pour entrer dans la polémique sur le crime de lèse Zidane qu’il a commis mais pour souligner les efforts de ce joueur dont personne ne conteste la générosité sur un terrain.

À un des journalistes qui lui demandait pour la centième fois, s’il ne regrettait pas d’avoir tenté de ternir l’image du plusieur fois sauveur de la France, il a eu ce lapsus magnifique. Je cite, mot à mot, je vous jure : “on en parle beaucoup alors que c’est seulement 10 lignes d’un livre qui en compte tout de même 200″.

Comme tous les lapsus celui-ci est révélateur. Peut-être de la difficulté que le bon Jérôme a eu d’écrire toutes ces lignes. Il aurait sans doute aimé pouvoir s’arrêter à la deux-centième.

Son abnégation (pour utiliser un terme dont mes confrères sportifs abusent) est tout de même un meilleur exemple pour notre jeunesse que celle des pseudos écrivains qui se font des lignes dès qu’ils doivent écrire deux mots.

Palmes académiques

Rédigé par : Yves George le 23 septembre 2008

Chaque fois que je vais courir aux Buttes Chaumont, je passe devant le collège Françoise Dolto. Cet établissement où étudient les acteurs désormais célèbres d’Entre les murs. Un bâtiment assez lugubre qui assombrit tout un bout de la rue des Pyrénées. Tout l’été il y a eu des échafaudages devant la façade. Et surprise à la rentrée, les encadrements de fenêtre et  de la porte principale avaient été repeints d’un agréable blanc plus ou moins cassé.

Est-ce un effet de la palme d’or ou était-ce un chantier prévu de longue date? Je vous laisse choisir la solution que vous préférez.

Je ne sais pas plus si la cour a été repavée et si les couloirs ont eux aussi reçu un coup de pinceau ou si l’on s’était contenté de ravaler la façade de cet établissement appelé à devenir historique.

Santé!

Rédigé par : Yves George le 22 septembre 2008

Vendredi dernier s’est tenue une réunion du comité scientifique de Santé Magazine. Au cours d’une matinée d’échanges riches j’ai attrapé au vol une belle formule d’un des plus éminents membres  de cet aréopage.

“La plupart des malades sont des bien portants qui s’ignorent”.

Simplement de l’humour ? Pas sur.

À la baguette

Rédigé par : Yves George le 18 septembre 2008

De passage chez mes parents le week-end dernier, j’ai été pris à témoin par mon père indigné. (Il a l’indignation assez facile. Par exemple, il stigmatise les journalistes de la télévision qui mettent un h aspiré devant euro pour éviter d’avoir à faire la liaison. Il les soupçonne (peut-être à juste titre) de ne pas savoir écrire les chiffres et d’ignorer lesquels prennent un s final).

Cette fois c’était en tant que directeur de la rédaction de Régal que j’ai été pris à parti. L’objet de la colère paternelle étant la baguette tradition de son (ex) boulanger préféré. Cet artisan, pour se mettre au goût du jour ou pour pratiquer des tarifs plus rémunérateurs, (je ne sais pas) a abandonné la belle baguette à la croute craquante et à la mie légère, aérée et bien blanche qui accompagnait jusqu’à présent le camembert ou le munster de papa, pour un pain plus tendance, plus dense, plus fin, plus trapu, sans contraste entre croute et mie… Et comble de l’hypocrisie, le mitron a baptisé sa nouvelle production “baguette à l’ancienne”. À en croire mon père (qui n’est pas né de la dernière pluie), sa baguette ne peut pas être “à l’ancienne”. Pas plus que toutes les autres baguettes du monde. Le pain des anciens, celui que son cousin cuisait entre les deux guerres était une boule.

Sur le coup j’ai acquiescé. Ignorant les détails de l’histoire du pain français, je n’avais aucune raison d’ergoter. D’autant que mes souvenirs d’enfant concordaient assez bien avec cette vision des grosses miches que les adultes tranchaient sur leur sein pour faire de bonnes tartines larges et épaisses fort propres à dessiner des moustaches de confiture. J’ai simplement conseillé à papa de changer de fournisseur plutôt que de continuer à s’agacer.

De retour à la rédaction, j’ai tout de même vérifié l’âge de la baguette. Si j’en crois la corporation des boulangers, elle remonterait à 1930. Elle n’a que douze ans de moins que mon père, mais, de son point de vue, cela ne l’autorise pas à être qualifiée d’ancienne.

Les boulangers ont-ils le droit d’accoler à leur production l’épithète “à l’ancienne”? Autre vérification, juridique cette fois: un décret Balladur qui définit les qualités d’un pain artisanal et prévoit dans son article 2 “Peuvent seuls être mis en vente ” vendus sous la dénomination de ‘pain de tradition française”, “pain traditionnel français”, “pain traditionnel de France” ou sous une dénomination contenant ces termes; les pains, quelle que soit leur forme, n’ayant subi aucun traitement de surgélation au cours de leur élaboration, ne contenant aucun additif et résultant de la cuisson d’une pâte” devant être “composéé exclusivement d’un mélange de farines panifiables de blé, d’eau potable et de sel de cuisine” La fermentation doit être obtenue par l’action de levure de panification (Saccharomyces cerevisiae). Les seuls améliorants autorisés sont la farine de fève (2 %), la farine de soja (0,5 %) et la farine de malt de blé (0,3 %).

Mais pas de trace de “baguette à l’ancienne” dans le code civil, le code du commerce ou le code pénal. Je pense qu’ester en justice pour tromperie serait risqué. J’ai confirmé mon conseil et mon père va mettre fin à des décennies de fréquentation de la boulangerie où je passais en rentrant de l’école acheter les deux baguettes nécessaires pour le gouter et où j’étais connu comme le “p’tit Chorche”.

Le Bordelais médaille d’or touristique

Rédigé par : Yves George le 17 septembre 2008

Bordeaux est la destination préférée des œnotouristes, ces hédonistes qui voyagent, à travers le monde, de cave en vignoble.

TripAdvisor* la plus grande communauté de voyageurs au monde vient de publier le top 10 des destinations de tourisme viticole, en se fondant comme à son habitude, sur les avis de ses membres.

Bordeaux devance dans l’ordre la Napa Valley en Californie et la Toscane du Chianti. La Champagne échoue au pied du podium. La France et les USA, ou plutôt la Californie, sont les seuls pays à avoir deux régions classées parmi les dix élues.

Il n’est pas neutre de constater que lorsqu’on associe le produit à la qualité de la région, la France viticole retrouve son lustre parfois contesté. Une manière comme une autre d’affirmer l’importance des terroirs.

*TripAdvisor attire en moyenne 30 millions de visiteurs uniques, du monde entier, par mois. Ses principaux sites recueillent plus de 15 millions d’opinions de vrais voyageurs. en France: www.tripadvisor.fr

Tu seras un champion mon fils

Rédigé par : Yves George le 20 août 2008

Quelle est l’efficacité comparée d’une ligne défilant au bas des publicités pour les produits alimentaires mettant en garde contre les excès de sucre et de gras et l’affirmation répétée cent fois par jour que nos sportifs sont soutenus dans leurs efforts olympiques par des bonbons et des pâtisseries industrielles ?

Si Haribo ou Brossard veulent vanter leurs produits dans un spot, ils seront obligés de laisser entendre qu’ils ne faut pas en abuser pour rester en bonne santé. Pendant toute la durée des Jeux Olympiques, chaque fois que la télévision nationale nous emmène à Pékin, elle nous dit et nous redit que Haribo et Brossard sont les sponsors officiels de l’équipe de France. Dans l’esprit de nos enfants, et peut-être plus ou moins consciemment dans les nôtres, ce parrainage n’est-il pas une affirmation du bénéfice qu’il y a à absorber ces produits pour être plus fort, plus rapide, plus résistant… alors que l’Académie de médecine ne cesse de leur faire la chasse ?

On devra peut-être faire des contrôles “anti-friandises industrielles”, sur les stades et dans les salles de sport, pour contrecarrer cette très officielle influence néfaste d’un été. Décidément ces jeux font rire jaune.

de l’utilité des sigles

Rédigé par : Yves George le 6 août 2008

La multiplication des sigles rend certaines conversations un peu pénibles à suivre. Parfois pourtant, elle prête franchement à sourire. De ce point de vue par exemple, le discours actuel sur les entreprises .

Autrefois, on avait dans le paysage économique, les entreprises (présumées grosses) et les PME regroupant les petites et les moyennes. Un peu gênés aux entournures par ce manque de précision, les économistes et les gens qui nous administrent ont créé les TPE, pour ranger dans une catégorie ad hoc les très petites.

La récente LME, comprenez loi de modernisation de l’économie (au passage notons que les lois aussi sont de plus en plus souvent désignées par des sigles obscures*) a éprouvé le besoin de parler d’ETI et d’ETM soit “entreprise de taille intermédiaire” et “entreprise de taille moyenne”.

D’abord, pour que je saisisse l’intérêt de cette nouvelle classification,  il faut me faire comprendre la différence qu’il y a entre une “moyenne entreprise” et une “entreprise de taille moyenne”. Ensuite je m’interroge sur l’épaisseur de la nuance qu’il y a entre “moyenne” et “intermédiaire”. Sauf erreur, intermédiaire vient du latin intermedius qui signifie qui est au milieu. Ce qui ne doit pas être loin du sens premier de moyen.

Notre confrère La Tribune, pour que nous nous y retrouvions (faisant ainsi son travail de journalisme qui tout de suite après avoir rapporté un fait doit donner à son lecteur le moyen de comprendre) définit les ETI et le ETM comme des… “grosses PME”!  Dans un rapport officiel, ETM c’est surement mieux que “petites grosses”!

Au delà de l’amusement, on peut voir dans cette inflation de classifications et de dénominations absconses l’influence toujours plus forte de la technocratie qui se nourrit de ces complexités artificielles. Chaque fois que je parle des technocrates, qu’il est facile, voire un brin réac, de brocarder, je repense à cette définition donnée, il y a des décennies, par un homme politique (Edgard Pisani, je crois me souvenir): “les technocrates sont des techniciens avec lesquels nous ne sommes pas d’accord”.

*La dénomination des lois n’était pas plus explicite lorsqu’elle se limitait à un numéro et une date qui constituent toujours le moyen officiel de leur référencement.

Innover en beauté

Rédigé par : Yves George le 5 août 2008

Ici même, il y a quelques semaines je vous avais fait part de mon étonnement admiratif quant à l’inventivité des chercheurs en cosmétologie, sur la foi des affirmations des rédactrices beauté, capables de faire, dans le Santé Magazine de rentrée, un dossier de 7 pages uniquement sur des produits nouveaux. “Vraiment nouveaux !”

Vous allez découvrir ce dossier dans quelques jours en kiosque, mais je ne peux resister au plaisir de vous décrire quelques unes des innovations dénichées par nos journalistes.

D’abord une brosse mascara vibrante: ses micro oscillations  garantissent une répartition parfaite du maquillage de la racine à la pointe du cil.

Ensuite, un lisseur pour cheveux diffusant un après-shampooing: ces grosses pinces chauffantes abiment le cheveux en lissant,  l’après-shampooing compense l’effet néfaste de la chaleur.

Encore mieux, spécial ado, l’appareil à supprimer les  boutons d’acné en ayant l’air branché: avec son look Ipod ce désintégrateur à vilains bubons peut trainer dans les poches de tous les ado sans déclencher ricanement ni honte.

Enfin le must, la pince à épiler lampe de poche. Une astucieuse petite lampe électrique dissimulée entre les lames de la pince permet l’épilation dans les lieux les plus obscures, les boites de nuit ou les salles de cinéma par exemple.

Je suis d’accord, ces produits ne vont pas faire faire un grand bond à l’humanité. Mais reconnaissez que les spécialistes qui les ont mis au point ont fait preuve d’une imagination débridée. Surtout pour trouver les questions auxquelles ils ont apporté des réponses

les chiffres de la fortune

Rédigé par : Yves George le 1 août 2008

L’impôt de solidarité sur la fortune a donné lieu à de multiples commentaires. Il n’est pas dans mon intention d’en rajouter. Seulement les éclairer de quelques chiffres.

En 2007, l’ISF a rapporté 3 milliards 920 millions d’euros. Il a été acquitté par 548 000 contribuables. Soit seulement un peu plus de 1,5% des foyers fiscaux français qui ont en moyenne versé un peu plus de 7 000 euros à ce titre.

Souvenons nous que le seuil d’assujetissement est de 770 000 euros pour 2008 et que le taux moyen est d’environ 1 %.

Des calculs ausi rapides que très approximatifs voudraient donc que seuls 1,5 % des Français aient un patrimoine de plus de 770 000 euros et que la fortune détenue par des particuliers en France s’élèverait à 392 milliards d’euros.

On peut mettre en parallèle un autre chiffre, celui des contribuables qui ont bénéficié du bouclier fiscal et qui tous impôts confondus auraient donc payé plus de 60 % de leurs revenus au fisc: ils ont été 15 000.

Nos très chères amies les bêtes

Rédigé par : Yves George le 30 juillet 2008

La pollution à Pékin inquiète les athlètes occidentaux. Elle n’est sans doute pas pire que celle d’Athènes ou, en remontant un peu plus haut, celle de Mexico. Mais la sensibilité à la qualité environnementale augmentant…

Les autorités chinoises ont consenti des efforts importants, fermant temporairement des usines, réduisant la circulation automobile, rien ne semble y faire… Nos chers athlètes sauteront, courront et lanceront dans un air richement pourvu en dioxyde de carbone.

En revanche, si j’en crois le reportage que j’ai vu hier soir sur la 2, nous n’infligerons pas ce triste sort à nos amis les chevaux. Eux courront et sauteront à Hong Kong. Qui serait moins pollué et qui aurait été choisi, pour cette raison, comme cadre des épreuves hippiques (si j’ai bien compris).

Tant mieux pour eux. Sans doute aurait-il été trop injuste de les soumettre aux conséquences des excès des moteurs à explosion alors qu’ils n’ont aucune responsabilité, au contraire, dans leur usage immodéré.

À y réfléchir, je me demande si il n’aurait pas été préférable de réintroduire le cheval à Pékin (et ailleurs) mais durablement, pas seulement pendant les jeux.

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