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Fusion d’images

Rédigé par : Yves George le 21 juillet 2008

La nouvelle entreprise née de la fusion de Gaz de France et de Suez fait campagne pour faire connaître son nouveau visage, à coup de pleines pages dans les quotidiens. Je ne commenterai pas la manière dont ce nouveau groupe a été constitué, ni sa pertinence, je n’en ai pas les compétences. Mais, à propos d’image, j’ai très envie de metre mon grain de sel et de m’étonner du choix de la nouvelle signature choisie par l’entreprise.

Gaz de France avait un logo original, joliment coloré, capable de mettre en route l’imagination. Il avait d’ailleurs été élu logo préféré des Français, il y a quelques années.

logo gdf

Suez avait une absence de logo: seulement son nom écrit, en gris sale, dans une typo molle et avachie renvoyant une image manquant d’élégance et de dynamisme.

Que croyez vous qu’il advint? Devant le vilain Suez gris et mou, on a ajouté un vilain GDF tout aussi gris et tout aussi mou. Avec pour seule concession à GDF, une barquette verdâtre.

Adieu la petite flamme ! Au revoir l’étincelle !

gdf suez jpeg

J’ai peur que le partenariat de Gaz de France avec le sport féminin suive le même chemin. Le groupe centré sur l’énergie va sans doute penser que soutenir des sports mécaniques, virils et vrombissants est plus approprié.

Le patrimoine à la casserole

Rédigé par : Yves George le 8 juillet 2008

Que les forteresses de Vauban soient inscrites au patrimoine mondial de l’humanité, d’accord! Les ouvrages militaires, quand ils ne servent plus leur but initial, peuvent avoir un charme certain et souvent ne pas manquer de grandeur.

Mais que d’aucuns aient l’idée saugrenue de demander que la cuisine française soit elle aussi inscrite à cet inventaire hétéroclite m’ennuie profondément. Ce genre d’inscription vise généralement à protéger une antiquité menacée d’oubli ou par les affres du temps.

Notre cuisine en est-elle arrivée là? Je ne le crois pas si j’en juge par l’inventivité toujours renouvelée de nos cuisiniers hexagonaux.

Vouloir faire reconnaitre, en toute immodestie, que notre gastronomie est la meilleure du monde, pourquoi pas? Mais de grâce pas en la mettant en conserve.

Les favoris de la Directrice générale adjointe

Rédigé par : Yves George le 30 juin 2008

Merci à Fernando Torrès. Il m’a rassuré hier soir, en donnant un coup de patte décisif.

Véronique, notre (encore) nouvelle DGA, regarde le foot à la télévision. Au moins quand il s’agit de l’Euro. Elle en parle même volontiers et avec une certaine science. Ses analyses des styles et des systèmes de jeu m’avait bluffé. Elle tenait tête aux plus férus des amateurs de ballon rond de l’entreprise. Mais petit à petit ma confiance en sa clairvoyance s’effritait. Jugez en: Véronique, a avoué un faible pour les Portugais, puis pour les Russes. Les Turcs ne l’avaient pas laissée insensible quant au beau jeu des Bataves, il l’avait subjuguée. Voyant disparaitre tous ses favoris, les uns après les autres, j’en étais arrivé à douté de son jugement.

Heureusement Fernando Torrès lui a donné raison: son dernier pronostique était sans hésitation l’Espagne va gagner. “Les Allemands ayant un jeu stéréotypé et sans génie, au contraire des Espagnols vifs et incisifs.”

Tout va bien, en dernière analyse, on peut se fier au jugement de notre DGA.

Je vais donc pouvoir suivre ses consignes et ses conseils sans trop me poser de question sur leur justesse.

Le Larousse des courants d’air

Rédigé par : Yves George le 30 juin 2008

A quoi et à qui servent certains livres? Vous vous êtes sûrement déjà posé la question face à la toujours plus prolifique production des éditeurs.

Par exemple, jusqu’à hier, je m’étais demandé quelle pouvait être l’utilité du Petit Larousse des vins. Une brique de presque mille pages où on apprend en vrac: que “le tire-bouchon papillon demande peu d’effort physique mais que sa hauteur le rend encombrant”; que “Jasnières est une petite appellation pour les vins blancs secs, s’inscrivant dans la plus grande appellation Coteaux du Loir, sur le Loir”; que “l’Inde possède environ 46 000ha de vignes dont 2% servent à élaborer du vin”; ou encore que “Vézelay fait du Bourgogne rouge et blanc sur quelques coteaux bien exposés”…

Les grosses chaleurs et la rédaction de Régal m’a apporté la réponse: le Petit Larousse des vins est idéal pour bloquer une porte: lourd et peu volumineux, il évite tout claquement intempestif. Grâce à lui un courant d’air salvateur peut s’établir entre le bureau de la rédaction et le mien.

Larousse est bien le spécialiste du courant d’air et pas seulement pour assurer la dispersion des graines de pissenlit.

Pare-crottin (1)

Rédigé par : Yves George le 18 juin 2008

J’éprouve toujours un malin (au sens premier) plaisir à relever ce que l’on fait sans aucune utilité, mais que l’on continue de faire puisqu’on l’a toujours fait. Ma belle-mère appelle cela des “pare-crottin”. En souvenir des premières voitures automobiles que les carrossiers, pendant des années construisaient avec cet attribut destiné à éviter aux passagers les projections de déjections des chevaux tracteurs. Les chevaux disparus, de crottin il n’y avait plus, mais on a continué de s’en protéger.

Je vais profiter de ce blog pour vous tenter de vous faire partager ce goût pour l’inutilité qui s’accroche à la vie quotidienne, en vous faisant part de mes découvertes de nouveaux “pare-crottin”.

En déjeunant à midi avec ma fille, journaliste dans un magazine professionnel traitant de la grande distribution, on en est arrivé, par je ne sais plus quel cheminement, à parler des jetons en plastique que les super et hyper marchés donnent à leurs clients pour qu’ils n’aient pas à chercher de monnaie pour débloquer un charriot avant d’attaquer les allées du magasin. Pensons-y, les serrures qui interdisent de prendre un charriot sans y insérer une pièce ont été mises en place pour éviter que ces engins soient volés ou tout simplement abandonnés n’importe où. La peur de perdre quelque monnaie devait inciter les consommateurs à l’ordre sur les parkings et dans les entrées de magasins. Quelle fonctions ont ces dispositifs s’il suffit de demander à l’accueil du magasin une rondelle de plastique sans valeur qui sera aussi facile à abandonner que le charriot lui-même.

Dans le cas présent, nous sommes en présence d’un pare-crottin particulier puisque ce sont les initiateurs du système en cause qui en ont ruiné l’utilité. Ils ont d’abord créé une contrainte pour que leur client respecte le matériel, puis ils ont trouvé le moyen de minimiser la gêne pour plaire à ce même client.

Quoiqu’il en soit on peut parier qu’il faudra longtemps avant que disparaissent les monnayeurs devenus sans objet.

N’hésitez pas à me faire part de vos découvertes de “pare-crottin”. Je serais heureux de partager cette passion avec vous.

les dangers de l’innovation

Rédigé par : Yves George le 17 juin 2008

Ce matin à la réunion hebdomadaire des rédacteurs en chef, j’ai encore appris quelque chose d’inattendu: la cuisine moléculaire ne serait pas sans danger.

Les rédactrices en chef de Régal et de Santé Magazine ont eu un échange instructif pour les ignorants dont je fais partie. Il était question de cette mode (il semblerait qu’elle s’essouffle un peu) du brassage, du cassage et du malaxage des produits alimentaires à coup de turbine et autres mixeurs. Ce qui a fait la réputation de El Bulli de Ferran Adria (le meilleur restaurant mondial à en croire certains), ce qui a séduit chez nous, Thierry Marx et Pierre Gagnaire, ne serait pas bon pour la santé.

Explication: plus un aliment est décomposé plus son index glycèmique augmente. Pour faire simple, en cassant les produits, on facilite l’assimilation par le sang de leur composants, en particulier le sucre. Ainsi la purée (même sans une louche de beurre comme celle de Robuchon) a un index glycèmique supérieur à celui de la patate entière. En brisant les aliments on transforme en sucres rapides même ceux qui avaient la réputation d’être des sucres lents.

Sans accuser la cuisine moléculaire d’être responsable de l’augmentation de l’obésité dans nos régions au même titre que les abus de fast food, on peut peut-être freiner sur les blenders et les turbines. Pas de panique, vu le nombre de fois où vous irez diner chez Ferran Adria, Pierre Gagnaire ou Thierry Marx, vous n’êtes surement pas menacés.

Surprises cosmétiques

Rédigé par : Yves George le 13 juin 2008

Hier, à la cérémonie du Grand prix Santé Magazine beauté santé (vous lirez dans le magazine quels sont les produits cosmétiques que vous pouvez adopter en toute confiance cette année) j’ai eu deux surprises.

Ignorant presque tout de ce secteur d’activité, j’ai découvert que les acteurs y étaient de dimensions très variées. À côté des grandes maisons bien connues comme L’Oréal, Vichy ou Guerlain… il y a de la place pour des acteurs de taille beaucoup plus modeste. NOVExepert est une entreprise familiale de 40 salariés managée par un frère et une sœur, actuellement épaulés par un deuxième frère et le papa, actif octogénaire retraité. Plus fort encore Aquatéal, créée il y a 18 mois à Annecy, compte 4 salariés: le gérant, la directrice du labo et deux commerciaux. Des structures légères qui à coups d’imagination et de pas mal d’intuition si j’en crois le parton d’Aquatéal, trouvent leur créneau.

N’étant pas très consommateur des antirides, anticellulite et autres soins hydratants (à tort sans doute), ma deuxième surprise a été de voir la différence de prix qui pouvait exister entre ces produits. Certes, ils ne sont pas comparables ni dans leur composition, ni dans leur présentation, ni dans leurs promesses, mais je n’aurais jamais imaginé que le ml de produit de beauté (élu par Santé Magazine donc de qualité) pouvait couter entre 34 € (ça nous fait tout de même 34 000 € le litre) à 0,037 €. Un écart de 1 à 1000!

Mes droits en compote

Rédigé par : Yves George le 11 juin 2008

J’ai de la chance! Je côtoie tous les jours des journalistes spécialisées dans le droit et la consommation. Elles sont une mine de bonnes informations sur tout ce qui fait la vie quotidienne. Et elles ont réussi à me faire comprendre que la consommation était une chose importante qui demandait de la réflexion et de l’attention dans nos moindres décisions. Grace à elles, samedi dernier, j’ai, encore une fois, évité un piège.

Dans mon Monop’ favori, mon œil de gourmand essayant tout de même de respecter les consignes du PNNS (programme national nutrition et santé) a été attiré par une compote “sans sucres ajoutés” Pomme carotte mangue. Pour me convaincre de céder à la tentation le fabricant faisait miroiter une promesse écartant tout danger d’insatisfaction: “délicieux ou remboursé” promettait-il.

Avant de connaitre Laurence j’aurais mis un ou deux packs de quatre pots dans mon charriot, sans me poser de question. Mais en consommateur avisé que je suis devenu à l’écouter et à la lire, j’ai attentivement examiné l’étiquette du produit et les conditions du remboursement. Les bras m’en sont tombés et les pots de compote avec.

Jugez en. Pour être remboursé il fallait: -rédigez une lettre manuscrite exprimant les motifs d’insatisfaction. De “10 lignes minimum, sur la base d’un format A4″, précisait le règlement. Qui ajoutait que les courriers illisibles seraient écartés. Tout juste s’il ne fallait pas en outre satisfaire à l’examen d’un jury littéraire. À cette dissertation sur les défauts de la compote, il convenait de joindre: nom, prénom, adresse sur papier libre, un relevé d’identité bancaire (les remboursements ne se faisant que par virement), l’original du ticket de caisse et envoyer le tout, sous enveloppe correctement affranchie, impérativement dans les huit jours suivant l’achat. En plus petits caractères, il était annoncé que les frais d’envoi ne seraient pas remboursés.

Et enfin précision finale et fatale: le concours s’achevait le 15 mai et la réclamation devait être envoyée avant le 31. Nous étions le 7 juin! La DLC (date limite de consommation, vous le savez si vous lisez les articles de Laurence) de la compote était fixée au 17 juin.
Non seulement les manœuvres destinées à décourager les plus mécontents des amateurs de compote étaient grossières, mais en plus l’offre était toujours affiché plus d’une semaine après la fin de sa validité.

Laurence m’a permis de ne pas tomber dans le panneau et si j’étais plus opiniâtre, je devrais maintenant demander à Caroline, notre spécialiste du droit et de tous nos droits, comment porter plainte contre cette promotion trompeuse.

La morale de l’histoire est que l’on gagne toujours à être entouré de gens sérieux et pédagogues.

Cette leçon valait bien une compote à la carotte!

Des pépins pour le plaisir

Rédigé par : Yves George le 30 mai 2008

Alain Passard prône la cuisson des fruits avec leurs noyaux. Je m’en étais fait l’écho ici même récemment. Régal insiste. Cette fois Christophe Felder, un des pâtissiers les plus en vue suggère pour accompagner la pêche Melba une “gelée de framboise pépin”. Précisant:” les pépins sont gardés car il donnent le goût”. Et là, patatras! toute mon éducation gastronomique s’effondre.

Non seulement je me souviens de ma grand-mère qui gardait soigneusement les noyaux des cerises dans ses clafoutis, veillant tout aussi attentivement à éliminer les pépins de groseille dans ses gelées. À grand renfort de chinois et autre étamine.

Mais surtout, je me rappelle l’un des orgueils de la gastronomie lorraine : la confiture de groseilles de Bar le Duc (Meuse) qui s’enorgueillissait de l’absence de tout pépin. Cette fameuse confiture, à ne pas confondre avec une banale gelée, les fruits restant entiers, était l’une des plus chères du monde. Elle demandait en effet un travail manuel de haute précision, les fruits étant soigneusement épépinés un à un à l’aide d’une plume d’oie taillée. L’épépineuse saisissant chaque grain entre le pouce et l’index, entaillant la peau du fruit avec la plume et le vidant de ses pépins sans léser la pulpe. Un travail de virtuose effectué à un vitesse qui faisait l’admiration des visiteurs et le régal des dégustateurs. Au rang desquels Raymond Poincaré (l’un des rares Barisiens célèbres) qui l’a fait entrer à l’Élysée.

Dois-je croire Christophe Felder et penser que les amateurs de la confiture de Bar le Duc  ne cherchaient en fait qu’à éviter l’agacement des pépins coincés entre les dents ou pire dans leur prothèse dentaire? Quelle déception!

Question brillante

Rédigé par : Yves George le 28 mai 2008

Hier je suis allé un peu vite en déclarant ma flamme aux journalistes beauté. Ce matin sur mon bureau, une page “Questions-Réponses” du prochain Santé Magazine, soumise à ma relecture, m’incite à revoir mon jugement. Je vous prend à témoin. À la question “Comment éviter d’avoir la peau qui brille quand il fit chaud?” la réponse de notre spécialiste mentionne des “excrétions accrues de sébum” puis des “sécrétions sébacées” après avoir précisé que le responsable de l’aspect luisant de la peau était ce fameux sébum “rendu liquide par la chaleur”. Hyper glamour pas vrai ?

En fait la beauté, peut perdre beaucoup de son attrait quand on s’approche un peu trop. Les macro-photographies de peau sont, en général, assez effrayantes. Les images de sébum liquéfié sont sans doute insupportables. Un peu comme la planète Mars qui nous fait rêver dans un beau ciel étoilé… tant qu’on n’a pas vu la désolation de ses paysages, à en croire les clichés transmis par le dernier satellite américain.

Rassurez vous nos spécialistes sont plus sérieuses que moi et ne s’arrêtent pas à quelque écœurement, elles donnent la solution pour limiter excrétions et sécrétions (à ce sujet, merci à celui qui m’éclairera sur la différences entre les deux termes) déplaisantes. Surtout ne pas assécher, mais au contraire s’asperger d’eau froide ou mieux s’envoyer un nuage de gouttelettes via un brumisateur. Pour autant, conseil d’ami, ne laissez pas sécher l’eau sur la peau. cela provoque des rougeurs. Au bout de quelques instants, il faut tamponner le visage avec un linge. Ne frottez pas avec un serviette, vous perdriez tout le bénéfice de l’aspersion.

Pour être brillant sur la plage, il va falloir trouver autre chose que le sébum liquéfié.

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