Mes droits en compote
Rédigé par : Yves George le 11 juin 2008J’ai de la chance! Je côtoie tous les jours des journalistes spécialisées dans le droit et la consommation. Elles sont une mine de bonnes informations sur tout ce qui fait la vie quotidienne. Et elles ont réussi à me faire comprendre que la consommation était une chose importante qui demandait de la réflexion et de l’attention dans nos moindres décisions. Grace à elles, samedi dernier, j’ai, encore une fois, évité un piège.
Dans mon Monop’ favori, mon œil de gourmand essayant tout de même de respecter les consignes du PNNS (programme national nutrition et santé) a été attiré par une compote “sans sucres ajoutés” Pomme carotte mangue. Pour me convaincre de céder à la tentation le fabricant faisait miroiter une promesse écartant tout danger d’insatisfaction: “délicieux ou remboursé” promettait-il.
Avant de connaitre Laurence j’aurais mis un ou deux packs de quatre pots dans mon charriot, sans me poser de question. Mais en consommateur avisé que je suis devenu à l’écouter et à la lire, j’ai attentivement examiné l’étiquette du produit et les conditions du remboursement. Les bras m’en sont tombés et les pots de compote avec.
Jugez en. Pour être remboursé il fallait: -rédigez une lettre manuscrite exprimant les motifs d’insatisfaction. De “10 lignes minimum, sur la base d’un format A4″, précisait le règlement. Qui ajoutait que les courriers illisibles seraient écartés. Tout juste s’il ne fallait pas en outre satisfaire à l’examen d’un jury littéraire. À cette dissertation sur les défauts de la compote, il convenait de joindre: nom, prénom, adresse sur papier libre, un relevé d’identité bancaire (les remboursements ne se faisant que par virement), l’original du ticket de caisse et envoyer le tout, sous enveloppe correctement affranchie, impérativement dans les huit jours suivant l’achat. En plus petits caractères, il était annoncé que les frais d’envoi ne seraient pas remboursés.
Et enfin précision finale et fatale: le concours s’achevait le 15 mai et la réclamation devait être envoyée avant le 31. Nous étions le 7 juin! La DLC (date limite de consommation, vous le savez si vous lisez les articles de Laurence) de la compote était fixée au 17 juin.
Non seulement les manœuvres destinées à décourager les plus mécontents des amateurs de compote étaient grossières, mais en plus l’offre était toujours affiché plus d’une semaine après la fin de sa validité.
Laurence m’a permis de ne pas tomber dans le panneau et si j’étais plus opiniâtre, je devrais maintenant demander à Caroline, notre spécialiste du droit et de tous nos droits, comment porter plainte contre cette promotion trompeuse.
La morale de l’histoire est que l’on gagne toujours à être entouré de gens sérieux et pédagogues.
Cette leçon valait bien une compote à la carotte!


