Alimentation industrielle : la commission d’enquête cherche des pistes de réforme

Alimentation industrielle : la commission d’enquête cherche des pistes de réforme
La crise du lait infantile Lactalis a contribué à renforcer la méfiance des consommateurs envers les produits agroalimentaires. - © Stéphane Mahé – Reuters

L’instance transpartisane mise sur pied à l’Assemblée nationale doit publier son rapport en septembre. Les élus ont auditionné notamment des professionnels du secteur, des scientifiques et des représentants des syndicats agricoles.

Ce sera un des événements de la rentrée parlementaire. La commission d’enquête transpartisane sur l’alimentation industrielle doit présenter ses conclusions « vers le 20 septembre », après l’audition attendue du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, nous indique la députée La République en marche (LREM) Michèle Crouzet, rapporteure de cette instance à l’Assemblée nationale.

Les vingt-neuf élus de la commission, mise en place à l’initiative du groupe La France insoumise (LFI), de Jean-Luc Mélenchon, planchent discrètement sur la qualité nutritionnelle de l’alimentation industrielle, son rôle dans l’émergence de pathologies chroniques et son impact social et environnemental.

« Un lien est évident entre la consommation de produits alimentaires transformés et le risque de développer des maladies chroniques comme le cancer », rappelle Michèle Crouzet, qui soutient la politique gouvernementale.

Une « demande des consommateurs »

Le scandale de la viande de cheval dans des préparations surgelées étiquetées comme contenant du bœuf et, plus récemment, la crise du lait infantile Lactalis contaminé à la salmonelle, sur laquelle une autre commission d’enquête a publié son rapport mercredi 18 juillet à l’Assemblée nationale, ont renforcé la méfiance envers les produits agroalimentaires. 

« Les industriels sont conscients qu’ils doivent changer leurs pratiques et s’adapter à la demande des consommateurs de disposer de produits de meilleure qualité », observe la députée.

Depuis le début des auditions, en mai, les membres de la commission d’enquête ont entendu des dirigeants de groupes agroalimentaires (Fleury Michon et Findus France) et des organisations professionnelles du secteur, mais aussi, notamment, des scientifiques et des représentants des syndicats agricoles.

La cohabitation entre les députés LREM, majoritaires dans la commission, et Loïc Prud’homme, le président LFI de l’instance, se passe bien, les constats étant partagés des deux côtés. Mais Michèle Crouzet envisage la possibilité que des recommandations différentes soient émises par elle et par son collègue dans le rapport d’enquête.

Des mesures incitatives

Les préconisations de la députée concerneront notamment le contrôle de la fabrication des produits alimentaires industriels, le renforcement de l’éducation nutritionnelle auprès des enfants et les additifs. « Par exemple, on peut amener les industriels à baisser les doses de sel dans les produits de façon graduelle, progressive », déclare notre interlocutrice.

La rapporteure de la commission souhaite privilégier la recherche de mesures incitatives « vertueuses » auprès des industriels, plutôt que l’adoption de dispositions coercitives.