Les doggy bags bientôt obligatoires au restaurant ?

Les doggy bags bientôt obligatoires au restaurant ?
Des élus souhaitent rendre les doggy bags obligatoires dans les restaurants. - © Steve Debenport

Aller au restaurant et emporter les restes de son repas chez soi pourrait bientôt s’imposer en France. Des élus souhaitent rendre cette pratique obligatoire pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

La commission développement durable de l’Assemblée nationale a adopté le 21 mars dernier un amendement - dans le cadre du projet de loi "pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable" - qui souhaite rendre obligatoire la mise à disposition de doggy bag (boîtes à emporter) dans tous les restaurants. Cette pratique américaine reste très marginale en France.

L’amendement voudrait obliger « les restaurants et les débits de boissons où l’on peut consommer sur place [à mettre] gratuitement à la disposition de leurs clients des contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place ».

Il répond, selon les élus porteurs du texte, à « l’objectif fixé par le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire de réduire par deux le gaspillage alimentaire d’ici 2025 ». Les pertes de nourriture sont en effet cinq fois plus élevées en restauration commerciale qu’à domicile, et s’élèvent à 27 %, soit 157 grammes par personne et par repas. Parmi ces pertes, les restes d’assiette en représentent 11 %, selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Le proposer oui, l’imposer non

La mesure est mal accueillie par les restaurateurs. L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) – la première organisation professionnelle du secteur hôtellerie-restauration – se dit favorable au développement du doggy bag mais ne veut pas d’une « obligation supplémentaire ». « Les restaurateurs travaillent déjà au quotidien à réduire leurs pertes, tant du côté de la préparation en cuisine que dans les retours de salle, notamment en étudiant leur carte et en adaptant leurs portions », précise l’UMIH dans un communiqué. L’UMIH d’ailleurs les accompagne en mettant à leur disposition des guides de bonnes pratiques pour vaincre le gaspillage en restauration.

Une pratique considérée comme gênante

Il existe, par ailleurs, en France un frein psychologique à demander d’emporter ses restes. Selon un sondage Yougov de 2014, seuls 5 % des Français disaient avoir recours régulièrement au doggy bag. Alors que 90 % des sondés considèrent qu’il s’agit d’un bon moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire, 24 % d’entre eux disent ne pas le demander par gêne. 15,1 % considèrent que cela fait radin et 11,1 % impoli.

Quoi qu’il en soit, l’amendement doit encore être voté par la commission économique de l’Assemblée nationale, puis par l’ensemble des députés pour être inscrit dans la loi.

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