Les pays d’origine du miel devront être mentionnés en septembre 2019

Les pays d’origine du miel devront être mentionnés en septembre 2019
Les pays d’origine du miel devront être mentionnés en septembre 2019. - © Tolimir

Origine douteuse, ajout de sucre… les "faux miels" provenant de l’étranger envahissent les rayons des supermarchés. Pour y mettre fin, les députés ont voté l’obligation de mentionner, à partir du 1er septembre 2019, les pays d’origine des produits issus d’un mélange de miels.

Avec 40 000 tonnes de miels consommées chaque année dans l’Hexagone, soit 600 grammes par habitant, les Français figurent parmi les plus gros mangeurs de miel d’Europe. Une consommation bien supérieure à la production nationale. En chute libre depuis vingt ans, elle est passée de 32 000 tonnes annuelles en 1995 à 8 800 tonnes en 2018. Un effondrement dû au déclin continu du nombre d’abeilles, victimes des pesticides, du manque de biodiversité, de l’invasion croissante du frelon asiatique et du dérèglement climatique.

> A LIRE : Cosmétiques : halte aux substances toxiques !

Résultat, les trois quarts du miel acheté en France viennent de l’étranger, principalement d’Espagne, de Chine et d’Ukraine, selon FranceAgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer. Si l’Union européenne oblige de mentionner le pays d’origine sur l’étiquette, cette obligation ne s’applique pas en cas de pluralité des origines. C’est la mention obscure « mélange de miels originaires/non originaires de l’Union européenne » qui est alors inscrite.

Les miels frelatés fleurissent dans les rayons

Un manque de traçabilité épinglé par l’UFC-Que Choisir. En 2014, l’association de consommateurs avait constaté que sur 20 miels « premier prix » achetés dans diverses enseignes de grande distribution, six présentaient des ajouts de sucre. En 2013, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) reprochait à plus d’un miel sur dix acheté en grande surface d’avoir subi « l’addition de sucres exogènes » provenant de la canne ou du maïs. Or, le miel est un produit naturel qui doit être vendu frais et non transformé. Outre la pureté du produit, la Répression des fraudes avait également relevé que plus d’un miel sur cinq avait un « étiquetage non conforme » (origine non précisée ou fausse).

Affichage de tous les pays d’origine obligatoire

Pour contrer les fraudes et garantir plus de transparence, les députés ont voté en commission mardi 29 mai un amendement au projet de loi Agriculture et alimentation obligeant les producteurs de miel à indiquer l’ensemble des pays d’origine pour les miels d’assemblage. Les entreprises ont jusqu’au 1er septembre 2019 pour conformer leurs emballages.

En attendant, il est possible d’utiliser l’application Yuka pour se renseigner sur l’éventuelle présence d’additifs dangereux et la qualité nutritionnelle des produits de grande distribution.

A LIRE AUSSI :

- Etats généraux de l’alimentation : quels impacts pour les agriculteurs et les consommateurs ?

- En 2022, fini les œufs de poules en batterie dans le commerce

- Consommation : 23 % des Français achètent local