Cyber-harcèlement : ce qu’envisage le gouvernement

Cyber-harcèlement : ce qu’envisage le gouvernement
Les femmes et les jeunes sont les premières victimes du harcèlement en ligne. - © BrianAJackson

Réduction du délai de modération, création d’un bouton pour signaler les contenus illicites… Le gouvernement prépare plusieurs mesures pour renforcer la lutte contre le harcèlement sur Internet.

Le cyber-harcèlement est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur. Multiforme, il peut se manifester par des insultes et menaces répétées, la propagation de fausses rumeurs, l’usurpation d’identité numérique ou encore la diffusion d’images à caractère pornographique. Les victimes, harcelées via les réseaux sociaux, les mails, les SMS ou les forums, sont souvent des femmes et des jeunes. Selon un sondage de l’association e-enfance de 2017, 40 % des élèves de collèges et lycées ont déclaré avoir déjà subi une agression en ligne.

D’où la volonté du gouvernement de renforcer les moyens pour lutter contre cette forme de harcèlement. Le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, planche actuellement sur une série de mesures qui seront présentées avant la fin du mois de juin.

Délai de réponse aux signalements de 24 heures

D’après Europe 1, une réduction du délai entre le signalement des internautes et la modération d’un contenu sur les réseaux sociaux serait à l’étude. Il pourrait être fixé à 24 heures pour tous les contenus relevant de « l’incitation à la haine ou à la violence, du harcèlement, du racisme, du sexisme, du piratage ou du délit de fausses nouvelles troublant la paix publique ou altérant la sincérité du scrutin », détaille une note du gouvernement à laquelle a eu accès Europe 1. L’objectif est de mettre les différentes plateformes sur un pied d’égalité. Aujourd’hui, Snapchat réagit plus rapidement que Facebook ou Twitter par exemple.

Les plateformes pourront s’appuyer sur des associations reconnues ou sur le vote d’autres utilisateurs. « Pour les messages relevant de la diffusion de fausses informations en période électorale, c’est même un magistrat qui sera chargé de trancher », explique-t-on.

Un bouton pour signaler les contenus

Le signalement devrait, par ailleurs, devenir plus simple. Un bouton d’action ou un message d’information pourraient faire leur apparition à côté de chaque contenu.

Autre proposition à l’étude : un devoir de réponse. « Il faut que quand un contenu a été retiré ou un compte supprimé, la personne puisse réagir », a expliqué le secrétaire d’Etat à Europe 1.

Pour appliquer ces différentes mesures, le gouvernement souhaiterait modifier les textes existants et notamment la loi LCEN sur la confiance dans l’économie numérique de 2004 pour y ajouter un statut propre aux réseaux sociaux. Une autorité indépendante chargée de surveiller les plateformes devrait également voir le jour.

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