L'abonnement téléphonique par Internet

L'abonnement téléphonique par Internet

Téléphoner quasi gratuitement, c'est désormais possible avec la téléphonie 'sous IP'. Mais la médaille a son revers : même si la qualité technique s'améliore régulièrement, elle est néanmoins encore souvent insuffisante.

Faut-il oui ou non céder aux sirènes de la téléphonie sous IP (Internet Protocol) ? Avant de répondre, une autre question s'impose : cette possibilité m'est-elle techniquement offerte ? Ce n'est pas évident. Le mode de transmission par "paquets" réclame au minimum une connexion ADSL d'un débit supérieur à 512 kilobits par seconde. Pour vérifier que votre ligne est "éligible", le mieux consiste à tester son débit réel.

Une offre pléthorique

Aujourd'hui, plus de 10 millions d'abonnés disposeraient déjà d'une connexion téléphonique sous IP. Impossible cependant de déterminer si ces abonnés ont conservé parallèlement une ligne France Télécom, notamment par précaution en attendant de tester la fiabilité du nouvel opérateur ou pour bénéficier de deux lignes. De fait, il est possible de faire cohabiter les deux systèmes, car les forfaits proposés par certains FAI n'obligent pas à procéder au "dégroupage total", un terme barbare qui signifie que la gestion de la ligne physique (le fil de cuivre qui arrive jusqu'à chez vous) est transférée chez le FAI.

Des coûts minorés

L'intérêt majeur de la "téléphonie sous IP" réside dans le coût minoré des communications. Les appels nationaux sous IP passés soit par l'intermédiaire d'un logiciel, soit par l'intermédiaire de l'offre d'un FAI sont proches de la gratuité.

Il existe deux scénarios pour accéder à la téléphonie sous IP. Le premier consiste à télécharger un logiciel (Windows LiveCall, Yahoo Voice, Skype…), puis à s'enregistrer chez l'opérateur en question. Il est donc indépendant d'une connexion Internet préexistante. Le second scénario concerne les FAI, qui intègrent quasiment tous à leur offre ADSL un service de téléphonie, voire un service de télévision numérique. Le coût des communications est alors soit facturé, soit intégré dans l'abonnement Internet initial.

Comment ça marche ?

La transmission sous IP ne réclame pas l'ouverture d'une "ligne exclusive" entre l'appelant et l'appelé. Les téléphones sont connectés au modem et non plus à la prise téléphonique. Les voix sont numérisées, organisées en "paquets" qui voyagent dans le réseau en compagnie de tous les autres. L'adresse IP leur indique leur destination.

Voilà qui explique la moins bonne qualité technique de la communication. Même si les progrès sont impressionnants depuis plusieurs années, échos, grésillements et autres interruptions ou indisponibilités sont encore fréquents…

La fiabilité non plus n'est pas toujours au rendez-vous. Un jour cela fonctionne parfaitement, et le lendemain plus du tout. Gênant, même lorsque l'on dispose d'un mobile au cas où… Voilà pourquoi beaucoup d'utilisateurs ont pris soin, pendant plusieurs mois, de tester la fiabilité du service proposé par leur opérateur avant de passer au "dégroupage total", c'est-à-dire de rompre les ponts avec France Télécom.

Une précaution qui ne constitue en aucun cas une garantie. La qualité des connexions Internet a une fâcheuse tendance à varier - du meilleur au pire, ou l'inverse - sans vraiment prévenir…