Comment est calculé le bonus / malus de l'assurance auto

Comment est calculé le bonus / malus de l'assurance auto

Un accident, et c'est l'angoisse. Vais-je perdre mon bonus ? De combien augmentera ma prime ? Voici des clés pour comprendre.

Coefficient de réduction-majoration… C'est le nom officiel du "bonus-malus". Il s'agit en effet d'un coefficient qui fait varier, à la hausse ou à la baisse, le coût de votre assurance auto.

Le principe est simple. Au départ, vous vous assurez au tarif "normal" : c'est la "cotisation de référence". Cette cotisation (hors taxes) est ensuite multipliée par votre coefficient. Si vous n'avez ni bonus ni malus, le coefficient est de 1.

Le bonus

Si le vôtre est inférieur à 1, vous avez un bonus. Un coefficient de 0,95 correspond par exemple à 5 % de bonus (1 - 0,95 = 0,05), un coefficient de 0,85 équivaut à un bonus de 15 %, etc. Soit une réduction de 5 % de votre prime d'assurance dans le premier cas, de 15 % dans le second, etc.

Par exemple, si votre cotisation de référence est de 1 000 € et le coefficient de 0,85, vous débourserez seulement 850 € (1 000 fois 0,85). Le bonus maximal que vous pouvez atteindre est de 0,50. Il faut, à partir d'un coefficient de 1, être assuré pendant treize ans de suite sans être responsable d'un accident pour l'obtenir.

Le malus

À l'inverse, si le coefficient est supérieur à 1, vous supportez un malus et cela majore votre prime. Votre coefficient et la cotisation de référence figurent tous deux sur l'avis d'échéance que vous envoie votre assureur quand vient le moment de régler votre prime.

Un calcul mis à jour chaque année

Votre coefficient est susceptible d'évoluer tous les ans. Chaque année, deux mois avant l'échéance de votre contrat, votre assureur examine si le ou les conducteurs couverts par cette assurance ont été responsables d'accidents au cours des douze mois précédents. Ce délai de deux mois explique que, si vous avez un accident dans les semaines qui précèdent l'échéance, il ne modifiera pas votre coefficient l'année suivante, mais seulement celle d'après.

Pas d'accident

Si vous n'avez été responsable d'aucun accident, votre coefficient est diminué de 5 %. Vous pouvez donc facilement calculer votre nouveau coefficient en multipliant le précédent par 0,95.

Exemple : après un an de bonne conduite, un coefficient de 0,85 passe à 0,80 (0,85 fois 0,95 = 0,8075, arrondi à 0,80 % en vertu du Code des assurances.

En cas d'accident

  • Si vous avez été responsable d'un accident, votre coefficient augmente de 25 %, ce qui équivaut à multiplier l'ancien par 1,25. Ainsi, s'il était de 0,85, par exemple, il passera à 1,06 (0,85 fois 1,25 = 1,06).
     
  • Si vous n'êtes que partiellement responsable, seule la moitié de la majoration vous sera appliquée : votre coefficient sera multiplié par 1,125.
     
  • Si vous cumulez plusieurs accidents dans l'année, votre coefficient sera multiplié par 1,25 autant de fois que vous avez eu d'accidents responsables. Mais il y a une limite à tout : le coefficient maximal est de 3,50. Et après deux années sans accident responsable il disparaît totalement pour laisser place à un coefficient de 1. C'est ce que les assureurs appellent la "descente rapide".
     
  • Autre mesure de clémence : si vous aviez depuis trois ans au moins un bonus de 50 %, le premier accident responsable ne change rien à votre coefficient. Vous conservez quand même votre bonus de 50 %.

Tous les sinistres n'influent pas

Les accidents pris en compte pour votre bonus-malus sont ceux pour lesquels l'un des conducteurs assurés par le contrat est partiellement ou entièrement responsable.

Attention, si vous avez prêté votre voiture à un ami et qu'il provoque un accident, c'est votre coefficient qui augmentera, et non le sien.

Certains accidents ne jouent pas.

  • Ce sont par exemple ceux provoqués par des personnes qui conduisaient votre voiture à votre insu (sauf si elles vivaient à votre domicile).
     
  • Ou ceux dont la cause est entièrement imputable à des tiers ou provoqués par un cas de force majeure.
     
  • En revanche, vous pourrez avoir un malus si vous heurtez un animal sauvage, si cela ne relève pas d'un cas de force majeure.
     
  • Enfin, les vols, incendies et autres bris de glaces n'ont aucune incidence sur le coefficient.

Les autres facteurs de variation des tarifs

Attention, le bonus-malus n'explique pas toujours à lui seul l'évolution de votre prime. L'assureur reste libre d'augmenter la cotisation de référence.

En outre, en plus du coefficient, les compagnies d'assurances appliquent des surprimes aux conducteurs débutants.

À l'inverse, certaines accordent des ristournes commerciales supplémentaires à d'excellents conducteurs (une réduction de prime qui s'ajoute à leur bonus de 50 %), car ce sont de bons clients !

Mais il est souvent prévu qu'au premier accident cette "remise" commerciale sera supprimée. C'est pourquoi certains bons conducteurs sont surpris de voir leur prime s'envoler après un sinistre, alors que leur bonus n'a pas changé !

Enfin, sachez que l'évolution du coefficient est différente pour certaines professions (infirmières, médecins, etc.) assurées pour un usage "tournées" ou "tous déplacements". Une année sans accident fait baisser leur coefficient de 7 % (au lieu de 5 %) et un accident responsable le fait grimper de 20 % (au lieu de 25 %).

La continuité dans les changements

Si vous changez de voiture, votre bonus-malus est automatiquement transféré à la nouvelle.

Même principe si vous changez d'assureur. La nouvelle compagnie tient compte de votre précédent coefficient et des accidents survenus au cours de l'année.

Attention, si vous n'êtes pas assuré pendant un an (parce que vous n'aviez plus de voiture, parce que vous séjourniez à l'étranger, etc.), votre bonus disparaît : vous devez en principe repartir avec un coefficient de 1 (celui qui s'applique aux automobilistes qui n'ont jamais encore été assurés). Mais beaucoup d'assureurs font un geste commercial, et acceptent en pratique de reprendre votre bonus.

En revanche, si vous aviez un malus, l'assureur le reprendra, car il faut au moins deux années d'assurance sans accident pour le voir supprimer.