Pourquoi les fonctionnaires font-ils grève ?

Pourquoi les fonctionnaires font-ils grève ?
Des manifestants mardi 22 mai, à Lyon. - © Emmanuel Foudrot – Reuters

Neuf syndicats appellent à la grève dans la fonction publique mardi 22 mai, contre la réforme que souhaite mener l’exécutif.

Le gouvernement d’Edouard Philippe n’a pas encore annoncé le contenu de son éventuel projet de loi sur la fonction publique, dont la présentation est envisagée au premier semestre 2019. Mais, inquiets par les pistes envisagées, les syndicats représentatifs appellent à la grève et à des manifestations mardi 22 mai.

Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, il s’agit de la troisième journée de mobilisation après celle des 17 octobre et 22 mars.

Pour la première fois depuis 2010, les secrétaires généraux de la CGT, de Force ouvrière et de la CFDT défileront ensemble, en tête du cortège parisien.

Selon l’Agence France-Presse, des perturbations sont prévues dans les domaines et organismes suivants : crèches publiques, écoles, transports, électricité, hôpitaux, services sociaux, Pôle emploi, Météo France, Poste, culture et audiovisuel public, médiathèques.

Suppression de 120 000 postes

Les organisations syndicales craignent notamment la mise en œuvre d’une promesse faite par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle : la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires entre 2017 et 2022. Ce seuil « correspondra à un volume de 50 000 postes non-renouvelés dans la fonction publique d’Etat et d’environ 70 000 dans la fonction publique territoriale, où les départs en retraite vont être nombreux dans les années à venir », détaillait le candidat dans son programme.

« Supprimer 120 000 postes, concrètement, c’est baisser les dépenses publiques, certes, mais c’est aussi et surtout voir disparaitre les services publics de proximité, sous-préfectures, préfectures, tribunaux d’instance, hôpitaux, services des impôts… », dénonce la Fédération générale des fonctionnaires Force ouvrière dans une lettre ouverte aux usagers.

Des possibles plans de départs volontaires

Le gouvernement souhaite conduire des plans de départs volontaires pour réduire les effectifs dans la fonction publique, un dispositif utilisé dans le privé.

« Là où il y aura des restructurations, des rapprochements, là où la numérisation, l’évolution des métiers, des technologies, nous amènent à constater qu’il y aurait des sureffectifs, on pourrait proposer aux agents publics concernés cette formule de départs volontaires, mais circonscrits », a expliqué le 2 février le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt au micro de RTL, précisant qu’il ne s’agirait pas de « plans massifs ».

Une extension des recrutements par contrat

Edouard Philippe a déclaré le 1er février, lors du Comité interministériel de la transformation publique, vouloir élargir les hypothèses de conclusion de contrats pour embaucher des agents : « Les possibilités de recourir aux contrats seront largement étendues, notamment pour les métiers qui ne relèvent pas d’une spécificité propre au service public. » 

Une modification du statut des fonctionnaires

L’exécutif compte rénover le statut général de la fonction publique, garantissant notamment un emploi à vie.

« Il y aura des ajustements, une modernisation mais pas de remise en cause », a assuré Olivier Dussopt au quotidien Libération paru 21 mai.

Le développement de la rémunération au mérite, la formation et la modification des instances de représentation figurent également à l’agenda des discussions que mène le secrétaire d’Etat avec les organisations syndicales.

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