Allocation sociale unique : quelles conséquences pour les ménages ?

Allocation sociale unique : quelles conséquences pour les ménages ?
La fusion de plusieurs aides sociales en une seule allocation est en cours de réflexion au gouvernement. - © Liderina

Prime d’activité, aide au logement, RSA, minimum vieillesse… Selon un rapport d’experts, la fusion de plusieurs allocations sociales en une prestation unique ferait plus de perdants que de gagnants.

Le gouvernement souhaite réformer les différents dispositifs de prestations sociales, le système étant devenu indéchiffrable selon lui. Mais les regrouper dans une allocation sociale unique (ASU) pourrait faire plus de perdants que de gagnants. C’est ce qui ressort d’une étude commandée par le gouvernement à France Stratégie, un organisme de réflexion indépendant rattaché à Matignon, et que s’est procuré Le Monde.

Les experts ont calculé les conséquences d’une fusion de plusieurs aides sociales en une seule allocation : le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation de solidarité spécifique (ASS), la prime d’activité, les aides au logement, l’allocation adulte handicapé (AAH), l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI).

3,55 millions de ménages toucheraient moins qu’avant

L’étude livre trois scénarios. Dans celui dit « optimisé », 3,55 millions de ménages toucheraient moins qu’avant, soit parce qu’ils percevraient moins d’aides sociales, soit parce qu’ils n’en recevraient plus aucune (1,5 million). A l’inverse, 3,3 millions verraient leurs ressources augmenter. Mais dans le détail, le nouveau système ferait « presque deux fois plus de perdants que de gagnants parmi les titulaires de l’allocation de solidarité spécifique », c’est-à-dire les chômeurs en fin de droit. Concernant les aides au logement, les ménages perdants seraient également plus nombreux que ceux bénéficiaires. En revanche, il y aurait « 3,3 fois plus de gagnants que de perdants » chez les bénéficiaires de l’ASPA.

Les conséquences d’une fusion varieraient également selon les ménages. Le taux de pauvreté diminuerait chez les familles monoparentales « ainsi que pour les couples avec un ou deux enfants », mais il progresserait de +1,6 point pour les personnes seules. Enfin, les personnes occupant un emploi seraient avantagées.

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