Lutte anti-terroriste : le nouveau plan du gouvernement

Lutte anti-terroriste : le nouveau plan du gouvernement
Deux ans après l'attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais, le Premier ministre Edouard Philippe a participé à l'hommage aux 86 victimes à Nice. - © Valery Hache - Reuters

Création d’un Parquet anti-terroriste, suivi des détenus radicalisés à leur sortie de prison, renforcement de la DGSI… Le point sur les principales mesures du plan d’action de l’Etat contre le terrorisme.

Mieux combattre une menace jihadiste « mouvante » et largement « endogène ». C’est l’objectif du nouveau plan de lutte contre le terrorisme, présenté à la veille du 14 juillet par le Premier ministre, Edouard Philippe, depuis le siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Composé de 32 mesures, il complète le dispositif de prévention de la radicalisation présenté en février dernier.

Comme l’a rappelé le Premier ministre, « le terroriste n’est plus téléguidé [depuis la] Syrie ; il prend le visage de personnes […] psychologiquement fragiles, endoctrinées ou auto-radicalisées, qui s’équipent d’un armement sommaire et décident, parfois très rapidement, de passer à l’acte. Elles ne sont pas plus faciles à détecter et nous conduisent à adapter notre dispositif ».

Création d’un Parquet national anti-terroriste (PNAT)

Le plan crée un Parquet national anti-terroriste (PNAT), qui figurera dans le projet de loi organique accompagnant celui de programmation pour la justice, attendus à l’automne. Jusque-là, la lutte anti-terroriste était confiée à une section du parquet de Paris, dirigée par le procureur François Molins, qui s’apprête à rejoindre la Cour de cassation. « Nous considérons qu’il est désormais nécessaire de permettre à un procureur de se consacrer à temps plein à la lutte anti-terroriste », a expliqué le chef du gouvernement, assurant que ce nouveau Parquet « bénéficiera d’une équipe de magistrats et de fonctionnaires renforcée ».

La création du PNAT s’accompagnera de la désignation de procureurs délégués anti-terroristes au sein des parquets territoriaux les plus exposés afin de former un vivier de magistrats mobilisables immédiatement en cas d’attentats. « C’est un véritable maillage territorial anti-terroriste au niveau judiciaire que nous allons créer », a affirmé le Premier ministre.

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Renforcement de la DGSI

Le rôle de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) comme chef de file opérationnel de la lutte anti-terroriste sur le territoire est conforté par Matignon. « Nous sommes en train de renforcer encore, au sein de la DGSI, les structures de veille, d’alerte et de coordination, dans lesquelles sont représentés tous les autres services », a déclaré Edouard Philippe. Un état-major réunissant 14 services sera créé au sein de la DGSI.

Importance des groupes d’évaluation départementaux

Créés après les attentats de novembre 2015, les groupes d’évaluation départementaux (GED) rassemblent, autour du préfet, l’ensemble des services de sécurité (police, gendarmerie, administration pénitentiaire, parquets). Leur rôle est de suivre les individus ayant fait l’objet de signalements pour radicalisation. Ils seront à l’avenir réunis tous les 15 jours.

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Création d’une unité de suivi des détenus terroristes ou radicalisés sortis de prison

D’ici à fin 2019, 48 détenus terroristes islamistes et 402 détenus de droit commun radicalisés devraient sortir de prison. Une unité permanente de suivi de ces individus au sein de l’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste (Uclat) dépendant de la Police nationale sera mise en place. 108 postes vont être ouverts entre 2018 et 2019.

Création d’une cellule spécialisée dans le profilage

Une cellule de profilage des auteurs d’actes terroristes destinée à identifier les facteurs de passage à l’acte sera créée.

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