Ehpad : le plan du gouvernement pour améliorer la prise en charge des personnes âgées

Ehpad : le plan du gouvernement pour améliorer la prise en charge des personnes âgées
Les Ehpad auront davantage de moyens pour recruter des personnels soignants. - © Halfpoint

Davantage d’infirmières de nuit et de télémédecine dans les maisons de retraite d’un côté, amélioration des services d’aide à domicile de l’autre… La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté sa feuille de route pour la prise en charge de la dépendance.

Les mesures étaient très attendues. A bout, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) avaient fait grève le 30 janvier et le 15 mars dernier. Ils réclamaient davantage de moyens pour s’occuper « dignement » des aînés. Pour répondre à la crise, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a détaillé mercredi 30 mai son plan pour « relever le défi du vieillissement à court et moyen terme ».

Davantage de moyens pour recruter

Les Ehpad recevront 360 millions d’euros supplémentaires de 2019 à 2021 pour recruter des personnels soignants. Ils s’ajoutent aux 70 millions d’euros mobilisés cette année.

Pour répondre aux inquiétudes concernant la réforme de la tarification des Ehpad votée sous le quinquennat précédent, qui consiste à faire converger entre 2017 et 2023 les budgets des établissements publics et privés concernant les enveloppes « soins » (financées par l’Assurance maladie) et « dépendance » (financées par les départements), de nouveaux crédits seront accordés.

Côté dépendance, une enveloppe de 47 millions d’euros permettra de compenser les pertes de certains Ehpad pour 2018 et 2019. Côté soins, le plan propose d’accélérer la convergence sur cinq ans au lieu de sept, en apportant « 143 millions d’euros supplémentaires » aux 217 millions déjà prévus pour favoriser les recrutements.

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Davantage d’infirmières de nuit

Pour réduire « les hospitalisations d’urgence évitables et sécuriser les prises en charge nocturnes », les Ehpad pourront faire appel à une « astreinte infirmière mutualisée entre plusieurs établissements ». En effet, la présence en Ehpad d’une infirmière à temps plein  la nuit n’est pas justifiée puisque les actes infirmiers représentent en moyenne une heure de travail par nuit. La mutualisation permet donc de mieux utiliser le temps de travail.

Déjà votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2018 et dotée de 10 millions d’euros, cette mesure sera financée à hauteur de 10 millions d’euros en 2019 et 16 millions d’euros en 2020.

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Généralisation de la télémédecine

Afin de limiter les déplacements en consultation, la télémédecine (se faire soigner à distance) devra être généralisée d’ici 2022, une mesure chiffrée à 40 millions d’euros sur cinq ans. « Elle devra être mise en place dans l’ensemble des Ehpad selon des modalités adaptées à la situation particulière de chaque établissement et de chaque territoire », précise le ministère de la Santé.

Raccourcir les séjours à l’hôpital en allant en Ehpad

Dans l’optique de réduire les durées d’hospitalisation et faciliter le retour à domicile, les personnes âgées qui souhaitent être hébergées temporairement dans un Ehpad paieront le même tarif qu’à l’hôpital. 1 000 places seront réservées à ce dispositif.

Aide au maintien à domicile

Dernier volet de la feuille de route : la prévention de la perte d’autonomie à domicile. Aujourd’hui, la majorité des personnes vieillissent à leur domicile et près de 750 000 bénéficient d’un service d’aide et d’accompagnement chez elles. 100 millions d’euros seront consacrés en 2019 et 2020 à la refonte du mode de financement des services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad) afin d’améliorer la qualité des services, de les rendre accessibles à tous et de recruter du personnel. Le ministère appelle au développement d’habitats « alternatifs », par exemple intergénérationnels ou inclusifs (plusieurs personnes âgées vivant dans un même ensemble de logements avec une aide quasi-permanente).

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D'ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de personnes de plus 85 ans, contre 1,5 aujourd'hui. Le financement de la dépendance est estimé à près de 24 milliards d’euros annuels en dépenses publiques (Etat et départements).

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